mercredi 13 janvier 2010

48 - Le cancer

Même le mot fait peur. Et un bon jour lors d’un examen de routine votre médecin vous apprend que vous êtes atteint d’un cancer. Lorsque mon frère cadet fut confronté à cette terrible nouvelle, il réagit sur le champ.

-Je vais lui livrer bataille à ce cancer !

Sa vie changea de façon draconienne. Il visita les meilleurs spécialistes, passa les examens les plus douloureux, visita des guérisseurs de toutes sortes, alla voir des charlatans, fit des prières, changea son alimentation, fit de la visualisation positive (celle où vous voyez à l’intérieur de vous, les globules rouges dévorer les globules blancs..)
Le combat fut féroce, extrêmement féroce, une lutte de tous les instants.
Mais qui dit combat, dit gagnant et perdant.
À la même époque, j’appris que je souffrais moi aussi d’un cancer, l’un des plus mortels, le cancer du poumon.
Verdict du médecin : Un mois et demi à vivre, avec un peu de chance... deux mois. À moins que... J’ai accepté le verdict sur le champ. Si j’ai deux mois à vivre et bien je vais les vivre. Aucune bataille en vue, j’optai pour l’indifférence et mentalement je mis de côté le verdict médical.
Je ne changeai rien à mon quotidien. On m’enleva le poumon gauche et je continuai à vivre.
Deux ans plus tard, second cancer, cette fois du mésentère. Pronostic semblable, quelques mois tout au plus.
Même attitude de ma part, l’indifférence.
Je savais que l’indifférence rendait imperméable à tout. Dans cet état d’esprit plus rien ne pouvait m’atteindre ou avoir d’emprise sur moi.

Et je suis toujours là.

Au fait, mon frère lui, a perdu son combat...

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Qui êtes-vous ?

Je suis retraitée de l'enseignement. J'habite dans une ville dans le nord du Québec.